Il y a des moments où le traumatisme ne ressemble plus à un souvenir, mais à une manière de respirer. Une manière de se protéger du monde, de vivre en retrait de soi-même, comme si chaque sensation devenait une menace et chaque pensée un rappel de l’abîme. Ceux qui traversent ces territoires savent qu’ils portent en eux une lutte silencieuse : lutter contre la peur, contre le vide, contre ce qui revient sans prévenir.
Et pourtant, au cœur de cette lutte, quelque chose résiste.
Un désir minuscule, presque fragile : imaginer un futur qui ne ressemble plus au passé.
C’est là que commence le geste thérapeutique.
Dans son avant-propos, Emmanuel Malphettes nous invite à regarder autrement ces existences cabossées. Non pas à travers les symptômes, mais à travers les ressources encore vivantes, même si elles semblent ensevelies. Il parle de ces patients qui ont dû, face à l’indicible, inventer des stratégies de survie qui les enferment autant qu’elles les protègent. De ces hommes et ces femmes qui ont cessé de faire confiance au monde — et parfois à leur propre corps.
Ce numéro, écrit-il, n’est pas une cartographie des ruines, mais une collection de portes entrouvertes.
Des chemins possibles.
Des manières de réapprendre à sentir sans s’effondrer.
Le traumatisme contamine tout : le rapport à soi, aux autres, au monde. Ce n’est plus « cet homme-là » qui a été violent, mais « tous les hommes ». Ce n’est plus « cet événement » qui a été insoutenable, mais la vie entière qui devient suspecte. L’hypervigilance se transforme en seconde peau ; l’évitement, en réflexe vital. Et la honte, insidieuse, finit par définir l’identité.
Mais Emmanuel Malphettes refuse de s’y résigner.
Il pose une question simple, presque naïve, et pourtant bouleversante :comment reconstruire un pont ? Un pont entre le passé et le présent. Entre l’effroi et la possibilité d’un avenir. Entre le corps traumatisé et le corps qui pourrait, un jour, redevenir un guide.
Les thérapeutes présentés dans ces pages, raconte-t-il, travaillent à remettre en mouvement ce qui était figé, à redonner une voix à ce qui avait été dissocié. Ils rappellent que la thérapie n’est pas un miracle, mais une série de micro-rencontres. Parfois un silence, parfois une métaphore, parfois une main posée au bon endroit de l’espace relationnel.
Ils racontent aussi que derrière chaque trauma, même le plus destructeur, il reste des forces insoupçonnées. Des intentions minuscules qui demandent juste un appui pour se développer. Des fragments de futur qui attendent d’être construits.
Car le but, au fond, n’est pas de « réparer » l’histoire - elle ne s’efface jamais.
Le but est de la transformer, de lui donner une autre place, de rendre au sujet la liberté d’avancer malgré elle.
Ce numéro, dédié à la mémoire d’Alain Vallée, porte cet engagement : offrir des images du futur qui tiennent debout, même quand le passé vacille encore.
Rendre au lien humain sa puissance d’ancrage, de réassociation, de mouvement.
Accompagner, avec douceur et précision, la naissance d’un « malgré tout ».
Et rappeler, avec une immense humanité, qu’aucun traumatisme n’a le dernier mot tant qu’il existe, quelque part, une relation qui permet de respirer autrement.
Et pourtant, au cœur de cette lutte, quelque chose résiste.
Un désir minuscule, presque fragile : imaginer un futur qui ne ressemble plus au passé.
C’est là que commence le geste thérapeutique.
Dans son avant-propos, Emmanuel Malphettes nous invite à regarder autrement ces existences cabossées. Non pas à travers les symptômes, mais à travers les ressources encore vivantes, même si elles semblent ensevelies. Il parle de ces patients qui ont dû, face à l’indicible, inventer des stratégies de survie qui les enferment autant qu’elles les protègent. De ces hommes et ces femmes qui ont cessé de faire confiance au monde — et parfois à leur propre corps.
Ce numéro, écrit-il, n’est pas une cartographie des ruines, mais une collection de portes entrouvertes.
Des chemins possibles.
Des manières de réapprendre à sentir sans s’effondrer.
Le traumatisme contamine tout : le rapport à soi, aux autres, au monde. Ce n’est plus « cet homme-là » qui a été violent, mais « tous les hommes ». Ce n’est plus « cet événement » qui a été insoutenable, mais la vie entière qui devient suspecte. L’hypervigilance se transforme en seconde peau ; l’évitement, en réflexe vital. Et la honte, insidieuse, finit par définir l’identité.
Mais Emmanuel Malphettes refuse de s’y résigner.
Il pose une question simple, presque naïve, et pourtant bouleversante :comment reconstruire un pont ? Un pont entre le passé et le présent. Entre l’effroi et la possibilité d’un avenir. Entre le corps traumatisé et le corps qui pourrait, un jour, redevenir un guide.
Les thérapeutes présentés dans ces pages, raconte-t-il, travaillent à remettre en mouvement ce qui était figé, à redonner une voix à ce qui avait été dissocié. Ils rappellent que la thérapie n’est pas un miracle, mais une série de micro-rencontres. Parfois un silence, parfois une métaphore, parfois une main posée au bon endroit de l’espace relationnel.
Ils racontent aussi que derrière chaque trauma, même le plus destructeur, il reste des forces insoupçonnées. Des intentions minuscules qui demandent juste un appui pour se développer. Des fragments de futur qui attendent d’être construits.
Car le but, au fond, n’est pas de « réparer » l’histoire - elle ne s’efface jamais.
Le but est de la transformer, de lui donner une autre place, de rendre au sujet la liberté d’avancer malgré elle.
Ce numéro, dédié à la mémoire d’Alain Vallée, porte cet engagement : offrir des images du futur qui tiennent debout, même quand le passé vacille encore.
Rendre au lien humain sa puissance d’ancrage, de réassociation, de mouvement.
Accompagner, avec douceur et précision, la naissance d’un « malgré tout ».
Et rappeler, avec une immense humanité, qu’aucun traumatisme n’a le dernier mot tant qu’il existe, quelque part, une relation qui permet de respirer autrement.
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Crédit Photo © Xavier Montoy
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