« Le temps ne guérit pas tout ».
Dix ans après les attentats du Bataclan, David Fritz Goeppinger ne parle ni de guérison définitive ni de retour à la normale. Il évoque plutôt un apprentissage : l'apprentissage de vivre avec une expérience qui a profondément modifié sa perception du monde, des autres et de lui-même.
Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le temps ferait son œuvre, il explique que certaines traces restent présentes, même lorsque la vie a repris son cours... en apparence.
La violence de l’irruption traumatique.
L’attentat terriblement meurtrier du 13 novembre 2015 n’a pas seulement été un événement d’une extrême violence. Il a constitué une rupture radicale dans la continuité de l’existence.
Un Avant, Un Après : cette césure structure encore aujourd'hui le récit de nombreux survivants.
David Fritz Goeppinger décrit comment le trauma s’est imposé dans le corps et dans la psyché, bien au-delà des souvenirs conscients : comme des sursauts, de l'hypervigilance, des difficultés de concentration, un sentiment d’insécurité persistant.
Vivre avec les réminiscences.
Ce bel article montre que les réminiscences ne disparaissent pas nécessairement avec les années. Elles changent de forme, de fréquence, et d’intensité. Certaines périodes sont plus calmes, d’autres périodes ravivent brutalement la mémoire de l’événement.
Ces réactivations ne sont pas toujours liées à des dates anniversaires. Elles peuvent surgir sans avertissement, rappelant que le traumatisme ne suit pas un calendrier prévisible comme on pourrait croire.
Reconstruire sans effacer.
Dans cet entretien, David Fritz Goeppinger insiste sur un point essentiel : reconstruire ne signifie pas oublier.
Il s’agit plutôt de réorganiser sa vie autour d’une réalité, une réalité transformée, sans chercher à effacer ce qui s’est produit.
Ce travail implique des ajustements constants: apprendre à reconnaître ses limites, accepter certaines fragilités, trouver des appuis lorsque l’équilibre vacille.
Le poids du regard des autres.
Un aspect central du témoignage concerne le regard social, le regard de l'autre.
Avec le temps, l’entourage attend souvent que « tout soit derrière soi ». Cette attente implicite peut devenir une pression supplémentaire, voire une source d’isolement.
David Fritz Goeppinger évoque ici la difficulté de faire comprendre que la souffrance peut persister, même lorsque les signes extérieurs se sont estompés et deviennent "invisibles" à l'autre.
Trouver des ressources pour tenir.
La reconstruction s’est appuyée sur plusieurs ressources : accompagnement psychologique, soutien des proches, engagement associatif, mise en mots progressive de l’expérience.
Aucune de ces dimensions ne constituent, à elle seule, une solution miracle. C’est leur combinaison, ajustée dans le temps, qui permet de tenir.
Ainsi la reconstruction est moins une victoire qu’un équilibre instable, à réajuster sans cesse.
Témoigner, sans se définir uniquement par le trauma.
Parler publiquement de ce qu’il a vécu ne signifie pas réduire son identité à l’attentat.
David Fritz Goeppinger souligne l’importance de ne pas être enfermé dans le statut de victime, tout en refusant l’effacement de l’événement.
Témoigner devient alors un acte mesuré : dire pour transmettre, sans se laisser définir entièrement par ce qui a été subi.
En effet ce qu'il faut retenir que le psychotraumatisme ne définit pas l'humain. Nous ne sommes pas "le psychotraumatisé" mais une personne chez qui, un jour, le psychotraumatisme est entré dans la vie.
Une reconstruction au long cours.
Cet article rappelle une autre réalité essentielle : le traumatisme majeur s’inscrit dans le temps long.
Il n’existe pas de point final clairement identifiable. La reconstruction est faite de phases, de retours en arrière, de moments de stabilité et de fragilité.
Ce témoignage apporte ainsi une parole précieuse, loin des récits simplifiés, sur ce que signifie vivre après l’impensable.
Dix ans après les attentats du Bataclan, David Fritz Goeppinger ne parle ni de guérison définitive ni de retour à la normale. Il évoque plutôt un apprentissage : l'apprentissage de vivre avec une expérience qui a profondément modifié sa perception du monde, des autres et de lui-même.
Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le temps ferait son œuvre, il explique que certaines traces restent présentes, même lorsque la vie a repris son cours... en apparence.
La violence de l’irruption traumatique.
L’attentat terriblement meurtrier du 13 novembre 2015 n’a pas seulement été un événement d’une extrême violence. Il a constitué une rupture radicale dans la continuité de l’existence.
Un Avant, Un Après : cette césure structure encore aujourd'hui le récit de nombreux survivants.
David Fritz Goeppinger décrit comment le trauma s’est imposé dans le corps et dans la psyché, bien au-delà des souvenirs conscients : comme des sursauts, de l'hypervigilance, des difficultés de concentration, un sentiment d’insécurité persistant.
Vivre avec les réminiscences.
Ce bel article montre que les réminiscences ne disparaissent pas nécessairement avec les années. Elles changent de forme, de fréquence, et d’intensité. Certaines périodes sont plus calmes, d’autres périodes ravivent brutalement la mémoire de l’événement.
Ces réactivations ne sont pas toujours liées à des dates anniversaires. Elles peuvent surgir sans avertissement, rappelant que le traumatisme ne suit pas un calendrier prévisible comme on pourrait croire.
Reconstruire sans effacer.
Dans cet entretien, David Fritz Goeppinger insiste sur un point essentiel : reconstruire ne signifie pas oublier.
Il s’agit plutôt de réorganiser sa vie autour d’une réalité, une réalité transformée, sans chercher à effacer ce qui s’est produit.
Ce travail implique des ajustements constants: apprendre à reconnaître ses limites, accepter certaines fragilités, trouver des appuis lorsque l’équilibre vacille.
Le poids du regard des autres.
Un aspect central du témoignage concerne le regard social, le regard de l'autre.
Avec le temps, l’entourage attend souvent que « tout soit derrière soi ». Cette attente implicite peut devenir une pression supplémentaire, voire une source d’isolement.
David Fritz Goeppinger évoque ici la difficulté de faire comprendre que la souffrance peut persister, même lorsque les signes extérieurs se sont estompés et deviennent "invisibles" à l'autre.
Trouver des ressources pour tenir.
La reconstruction s’est appuyée sur plusieurs ressources : accompagnement psychologique, soutien des proches, engagement associatif, mise en mots progressive de l’expérience.
Aucune de ces dimensions ne constituent, à elle seule, une solution miracle. C’est leur combinaison, ajustée dans le temps, qui permet de tenir.
Ainsi la reconstruction est moins une victoire qu’un équilibre instable, à réajuster sans cesse.
Témoigner, sans se définir uniquement par le trauma.
Parler publiquement de ce qu’il a vécu ne signifie pas réduire son identité à l’attentat.
David Fritz Goeppinger souligne l’importance de ne pas être enfermé dans le statut de victime, tout en refusant l’effacement de l’événement.
Témoigner devient alors un acte mesuré : dire pour transmettre, sans se laisser définir entièrement par ce qui a été subi.
En effet ce qu'il faut retenir que le psychotraumatisme ne définit pas l'humain. Nous ne sommes pas "le psychotraumatisé" mais une personne chez qui, un jour, le psychotraumatisme est entré dans la vie.
Une reconstruction au long cours.
Cet article rappelle une autre réalité essentielle : le traumatisme majeur s’inscrit dans le temps long.
Il n’existe pas de point final clairement identifiable. La reconstruction est faite de phases, de retours en arrière, de moments de stabilité et de fragilité.
Ce témoignage apporte ainsi une parole précieuse, loin des récits simplifiés, sur ce que signifie vivre après l’impensable.
David Fritz Goeppinger est survivant de l’attentat du Bataclan. Il témoigne régulièrement de son parcours de reconstruction, en insistant sur la durée, la complexité et la non-linéarité du processus post-traumatique, ainsi que sur l’importance du regard social porté sur les victimes.