Il existe des blessures qui ne se racontent pas. Elles vivent dans les interstices du corps, dans ces sensations confuses qui montent sans prévenir, dans ces silences qui en disent trop. Dans les traumas complexes, l’identité elle-même s’effrite, laissant un sujet fatigué de se chercher, mais incapable de se trouver.
C’est à cet endroit fragile qu’Hélène Dellucci propose un geste thérapeutique inattendu : la greffe mythique.
Elle ne parle pas ici de biologie, mais de symbolique.
D’un art subtil consistant à offrir au patient une valeur, une qualité, une force empruntée à une figure qui représente pour lui quelque chose d’essentiel.
Une sorte de transmission imaginaire, profondément vivante, qui redonne souffle et consistance quand l’intérieur est devenu trop creux.
Parce que dans les traumas complexes, explique-t-elle, ce n’est pas seulement la mémoire qui a été blessée.
C’est le sentiment d’avoir une identité viable, une continuité, un centre.
Le vide identitaire n’est pas une absence : c’est une chute.
Alors comment aider une personne à retrouver une colonne vertébrale psychique quand le passé a tout arraché ?
Le mythe comme matériau vivant.
Hélène Dellucci rappelle que, très souvent, le traumatisme prive le sujet de modèles internes stables. Les figures d’attachement ont été inconsistantes, dangereuses, absentes ou imprévisibles.
Il ne reste alors que des lambeaux affectifs, disloqués.
La greffe mythique vient combler cette absence.
Elle consiste à connecter le patient à une figure symbolique, réelle ou imaginaire, porteuse d’une qualité dont il a besoin pour vivre : courage, douceur, honneur, résistance, stabilité, amour, lucidité, loyauté…
Ce n’est pas un fantasme... C’est un appui... Un socle... Un héritage reconstruit.
Et l’on découvre que, même dans les existences les plus meurtries, il existe toujours quelqu’un ou quelque chose qui a compté : un personnage, un ancêtre, une figure spirituelle, un professeur, un héros de roman, une grand-mère silencieuse, une femme forte croisée dans l’enfance.
Ce sont ces images, trop longtemps mises de côté, qui peuvent devenir des sources neuves de vie.
Ce que transmet la figure choisie.
Dans les séances, la thérapeute invite le patient à décrire ce qu’il voit, ressent ou imagine en lien avec cette figure symbolique. Ce n’est pas une simple visualisation : c’est une mise en chair de ce qui a manqué.
On observe souvent, dit-elle, que le corps lui-même commence à réagir : les épaules se relâchent, le souffle s’apaise, le regard s’ancre, les mains trouvent une position plus stable.
Le sujet ne reçoit pas seulement une idée ; il reçoit une sensation de présence intérieure.
C’est là que la “greffe” se fait: dans le corps, dans le vécu, dans cette petite bascule où le patient cesse de se sentir seul.
Le travail ne vise pas à effacer le passé, mais à reconstituer une relation interne capable de soutenir le processus de désensibilisation, notamment en EMDR.
Car, souligne Dellucci :
avant de désensibiliser, il faut relier.
Avant de traiter la douleur, il faut restaurer l’identité.
Des traumas complexes aux liens réparateurs.
Le texte est traversé par une conviction profonde :
les personnes blessées ne se réparent pas avec des techniques, mais avec des relations, y compris celles qu’elles se construisent en elles-mêmes.
La greffe mythique devient un moteur de transformation parce qu’elle :
• redonne un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand ;
• restaure une dignité abîmée ;
• insuffle une valeur que le trauma avait écrasée ;
• réactive la pulsion de vie ;
• réintroduit un “tu” intérieur qui sécurise le “je”.
Pour les patients qui vivent dans le vide identitaire, c’est une révolution douce :
avoir enfin une figure intérieure solide, bienveillante, constante, même imaginaire, peut suffire à réorienter une existence entière.
Une thérapie comme renaissance narrative.
Dans un monde traumatique où tout se fige et se répète, la greffe mythique réintroduit du mouvement. Le patient se raconte autrement, se relie autrement, et surtout : se perçoit autrement.
Ce n’est pas une réparation magique, c’est un changement d’histoire.
Un récit où l’on passe de “je suis cassé” à “je suis relié”, de “je manque” à “je reçois”, de “je suis seul” à “quelqu’un en moi veille”.
La thérapie devient un atelier de réinvention de soi, où chaque symbole devient une brique de reconstruction.
Hélène Dellucci nous rappelle que, même dans les zones les plus sombres de l’existence humaine, il demeure une force ancestrale : celle des mythes qui accompagnent notre espèce depuis toujours.
Et que cette force peut, aujourd’hui encore, tendre la main à ceux qui cherchent à se reconstruire.
C’est à cet endroit fragile qu’Hélène Dellucci propose un geste thérapeutique inattendu : la greffe mythique.
Elle ne parle pas ici de biologie, mais de symbolique.
D’un art subtil consistant à offrir au patient une valeur, une qualité, une force empruntée à une figure qui représente pour lui quelque chose d’essentiel.
Une sorte de transmission imaginaire, profondément vivante, qui redonne souffle et consistance quand l’intérieur est devenu trop creux.
Parce que dans les traumas complexes, explique-t-elle, ce n’est pas seulement la mémoire qui a été blessée.
C’est le sentiment d’avoir une identité viable, une continuité, un centre.
Le vide identitaire n’est pas une absence : c’est une chute.
Alors comment aider une personne à retrouver une colonne vertébrale psychique quand le passé a tout arraché ?
Le mythe comme matériau vivant.
Hélène Dellucci rappelle que, très souvent, le traumatisme prive le sujet de modèles internes stables. Les figures d’attachement ont été inconsistantes, dangereuses, absentes ou imprévisibles.
Il ne reste alors que des lambeaux affectifs, disloqués.
La greffe mythique vient combler cette absence.
Elle consiste à connecter le patient à une figure symbolique, réelle ou imaginaire, porteuse d’une qualité dont il a besoin pour vivre : courage, douceur, honneur, résistance, stabilité, amour, lucidité, loyauté…
Ce n’est pas un fantasme... C’est un appui... Un socle... Un héritage reconstruit.
Et l’on découvre que, même dans les existences les plus meurtries, il existe toujours quelqu’un ou quelque chose qui a compté : un personnage, un ancêtre, une figure spirituelle, un professeur, un héros de roman, une grand-mère silencieuse, une femme forte croisée dans l’enfance.
Ce sont ces images, trop longtemps mises de côté, qui peuvent devenir des sources neuves de vie.
Ce que transmet la figure choisie.
Dans les séances, la thérapeute invite le patient à décrire ce qu’il voit, ressent ou imagine en lien avec cette figure symbolique. Ce n’est pas une simple visualisation : c’est une mise en chair de ce qui a manqué.
On observe souvent, dit-elle, que le corps lui-même commence à réagir : les épaules se relâchent, le souffle s’apaise, le regard s’ancre, les mains trouvent une position plus stable.
Le sujet ne reçoit pas seulement une idée ; il reçoit une sensation de présence intérieure.
C’est là que la “greffe” se fait: dans le corps, dans le vécu, dans cette petite bascule où le patient cesse de se sentir seul.
Le travail ne vise pas à effacer le passé, mais à reconstituer une relation interne capable de soutenir le processus de désensibilisation, notamment en EMDR.
Car, souligne Dellucci :
avant de désensibiliser, il faut relier.
Avant de traiter la douleur, il faut restaurer l’identité.
Des traumas complexes aux liens réparateurs.
Le texte est traversé par une conviction profonde :
les personnes blessées ne se réparent pas avec des techniques, mais avec des relations, y compris celles qu’elles se construisent en elles-mêmes.
La greffe mythique devient un moteur de transformation parce qu’elle :
• redonne un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand ;
• restaure une dignité abîmée ;
• insuffle une valeur que le trauma avait écrasée ;
• réactive la pulsion de vie ;
• réintroduit un “tu” intérieur qui sécurise le “je”.
Pour les patients qui vivent dans le vide identitaire, c’est une révolution douce :
avoir enfin une figure intérieure solide, bienveillante, constante, même imaginaire, peut suffire à réorienter une existence entière.
Une thérapie comme renaissance narrative.
Dans un monde traumatique où tout se fige et se répète, la greffe mythique réintroduit du mouvement. Le patient se raconte autrement, se relie autrement, et surtout : se perçoit autrement.
Ce n’est pas une réparation magique, c’est un changement d’histoire.
Un récit où l’on passe de “je suis cassé” à “je suis relié”, de “je manque” à “je reçois”, de “je suis seul” à “quelqu’un en moi veille”.
La thérapie devient un atelier de réinvention de soi, où chaque symbole devient une brique de reconstruction.
Hélène Dellucci nous rappelle que, même dans les zones les plus sombres de l’existence humaine, il demeure une force ancestrale : celle des mythes qui accompagnent notre espèce depuis toujours.
Et que cette force peut, aujourd’hui encore, tendre la main à ceux qui cherchent à se reconstruire.
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Crédit Photo © Xavier Montoy
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