Au fil des années, certains cliniciens ont cherché à dépasser le protocole standardisé de l’EMDR pour revenir à une logique plus souple, centrée sur le mouvement naturel du regard et le traitement spontané du trauma. C’est dans cette dynamique qu’est née la TLMR, pensée comme une évolution plus intuitive, moins procédurale, et plus proche des pratiques intégratives déjà présentes en France. Elle s’inscrit ainsi comme une continuité historique : un passage de la technique codifiée vers une approche plus libre, fondée sur la régulation neuro-émotionnelle par le mouvement oculaire, tout comme l'EMDR - IMO.
Il existe des histoires qui ne se guérissent pas par les mots.
Des histoires qui se sont inscrites avant même la naissance, dans des silences épais, dans des corps immobiles, dans des transmissions invisibles.
Ce sont des histoires où l’intime a été blessé, où le « lien » n’a jamais vraiment pu se tisser.
Éric Bardot et Stéphane Roy n’essaient pas de les expliquer.
Ils les vivent, avec les patients, dans une thérapie singulière : la TLMR, la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels.
Une approche où la guérison n’est pas une interprétation, mais une expérience relationnelle profondément incarnée.
Quand le monde relationnel a été abîmé dès le commencement.
Les auteurs commencent par une vérité bouleversante : avant même d’être un enfant, nous sommes déjà une relation.
Dans le ventre maternel, nous vibrons au rythme de l’autre. Nous sommes façonnés par ses peurs, ses absences, ses joies, sa fatigue, ses blessures transgénérationnelles.
Lorsque ce monde-là est instable, lorsque l’enveloppe est insuffisante, le fœtus va réagir par le figement, la contraction, la dissociation.
Le futur adulte porte alors en lui une histoire relationnelle fracturée qu’il n’a jamais comprise mais qu’il ressent dans chaque cellule.
L’illustration clinique : une scène d’une intensité rare.
L’article raconte l’accompagnement d’une stagiaire — H., une femme d’une cinquantaine d’années.
Les auteurs lui demandent de s’asseoir en position fœtale, yeux bandés, pour revivre avec sécurité ce premier monde défaillant.
Autour d’elle, trois autres stagiaires se placent debout, se tiennent par les mains.
Elles deviennent l’enveloppe placentaire en quelque sorte. Chacune symbolise une paroi de ce monde originel.
Puis une quatrième personne arrive, celle qui incarne le collectif intime, les présences qui auraient dû être là mais qui furent absentes.
Ce dispositif, simple mais vertigineux, fait basculer la salle dans une atmosphère dense.
Le corps d’H. se souvient. Les corps des stagiaires se souviennent avec elle.
L’une dit : « Mon épaule s’anesthésie… Je me sens partir, comme si cette mère était seule. »
C’est le vécu maternel transgénérationnel qui se rejoue.
La solitude de sa mère.
L’absence du père.
Un monde interne où personne n’était là pour contenir.
Quand la mise en scène répare ce que la vie n’a pas donné.
Puis, lentement, H. commence à remuer.
Elle dit soudain : « C’est ma mère qui vient… C’est bien… » Un sourire traverse son visage. Le corps respire enfin dans une enveloppe qui n’avait jamais existé. Cette scène n’est pas une symbolisation, mais une reconstruction vivante.
L’enfant intérieur d’H. reçoit enfin ce qui lui avait été refusé : un espace contenant, un monde où l’on peut se déposer.
La naissance, cette fois accompagnée.
Quand le moment vient de « sortir » symboliquement de l’enveloppe, H. lève légèrement la tête.
Les thérapeutes lui disent : « Quand la petite H. sort, qu’elle regarde toutes les personnes qui sont là pour l’accueillir. »
Elle répond, presque dans un souffle étonné : « Il y a du monde… »
C’est un basculement existentiel, une renaissance où, contrairement à la première, quelqu’un attend.
Plus qu’un protocole, c’est un geste d’amour thérapeutique.
La TLMR : une thérapie du collectif.
La TLMR repose sur cette conviction : on ne guérit pas seul d’un traumatisme relationnel.
On guérit dans une relation, avec une relation, par la relation.
Dans ce type de travail, chaque personne présente devient un fil du tissage. Le collectif répare ce que le collectif avait blessé.
Le nourrisson, encore enfoui dans l’histoire adulte, fait l’expérience fondatrice qu’il n’est plus seul.
Et cette expérience transforme tout : la manière de sentir son corps, la manière d’entrer en lien, la manière de se percevoir, la manière d’habiter le monde.
Vers une nouvelle confiance dans l’humain.
À la fin de la séance, H. n’est plus la même.
Quelque chose s’est dénoué.
S’est redressé.
S’est pacifié.
Elle a vécu une expérience que sa vie réelle ne lui avait jamais offerte : être accueillie, être enveloppée, être portée, être attendue.
Ce n’est pas un symbole.
C’est une reprogrammation relationnelle profonde, une réécriture mémorielle incarnée.
Bardot et Roy montrent que la thérapie, parfois, n’est pas un dialogue mais une rencontre de mondes.
Une manière de recoller, délicatement, les fragments d’un être, de lui redonner un lieu où se poser.
Un début d’histoire où l’intime, enfin, devient un allié.
Des histoires qui se sont inscrites avant même la naissance, dans des silences épais, dans des corps immobiles, dans des transmissions invisibles.
Ce sont des histoires où l’intime a été blessé, où le « lien » n’a jamais vraiment pu se tisser.
Éric Bardot et Stéphane Roy n’essaient pas de les expliquer.
Ils les vivent, avec les patients, dans une thérapie singulière : la TLMR, la Thérapie du Lien et des Mondes Relationnels.
Une approche où la guérison n’est pas une interprétation, mais une expérience relationnelle profondément incarnée.
Quand le monde relationnel a été abîmé dès le commencement.
Les auteurs commencent par une vérité bouleversante : avant même d’être un enfant, nous sommes déjà une relation.
Dans le ventre maternel, nous vibrons au rythme de l’autre. Nous sommes façonnés par ses peurs, ses absences, ses joies, sa fatigue, ses blessures transgénérationnelles.
Lorsque ce monde-là est instable, lorsque l’enveloppe est insuffisante, le fœtus va réagir par le figement, la contraction, la dissociation.
Le futur adulte porte alors en lui une histoire relationnelle fracturée qu’il n’a jamais comprise mais qu’il ressent dans chaque cellule.
L’illustration clinique : une scène d’une intensité rare.
L’article raconte l’accompagnement d’une stagiaire — H., une femme d’une cinquantaine d’années.
Les auteurs lui demandent de s’asseoir en position fœtale, yeux bandés, pour revivre avec sécurité ce premier monde défaillant.
Autour d’elle, trois autres stagiaires se placent debout, se tiennent par les mains.
Elles deviennent l’enveloppe placentaire en quelque sorte. Chacune symbolise une paroi de ce monde originel.
Puis une quatrième personne arrive, celle qui incarne le collectif intime, les présences qui auraient dû être là mais qui furent absentes.
Ce dispositif, simple mais vertigineux, fait basculer la salle dans une atmosphère dense.
Le corps d’H. se souvient. Les corps des stagiaires se souviennent avec elle.
L’une dit : « Mon épaule s’anesthésie… Je me sens partir, comme si cette mère était seule. »
C’est le vécu maternel transgénérationnel qui se rejoue.
La solitude de sa mère.
L’absence du père.
Un monde interne où personne n’était là pour contenir.
Quand la mise en scène répare ce que la vie n’a pas donné.
Puis, lentement, H. commence à remuer.
Elle dit soudain : « C’est ma mère qui vient… C’est bien… » Un sourire traverse son visage. Le corps respire enfin dans une enveloppe qui n’avait jamais existé. Cette scène n’est pas une symbolisation, mais une reconstruction vivante.
L’enfant intérieur d’H. reçoit enfin ce qui lui avait été refusé : un espace contenant, un monde où l’on peut se déposer.
La naissance, cette fois accompagnée.
Quand le moment vient de « sortir » symboliquement de l’enveloppe, H. lève légèrement la tête.
Les thérapeutes lui disent : « Quand la petite H. sort, qu’elle regarde toutes les personnes qui sont là pour l’accueillir. »
Elle répond, presque dans un souffle étonné : « Il y a du monde… »
C’est un basculement existentiel, une renaissance où, contrairement à la première, quelqu’un attend.
Plus qu’un protocole, c’est un geste d’amour thérapeutique.
La TLMR : une thérapie du collectif.
La TLMR repose sur cette conviction : on ne guérit pas seul d’un traumatisme relationnel.
On guérit dans une relation, avec une relation, par la relation.
Dans ce type de travail, chaque personne présente devient un fil du tissage. Le collectif répare ce que le collectif avait blessé.
Le nourrisson, encore enfoui dans l’histoire adulte, fait l’expérience fondatrice qu’il n’est plus seul.
Et cette expérience transforme tout : la manière de sentir son corps, la manière d’entrer en lien, la manière de se percevoir, la manière d’habiter le monde.
Vers une nouvelle confiance dans l’humain.
À la fin de la séance, H. n’est plus la même.
Quelque chose s’est dénoué.
S’est redressé.
S’est pacifié.
Elle a vécu une expérience que sa vie réelle ne lui avait jamais offerte : être accueillie, être enveloppée, être portée, être attendue.
Ce n’est pas un symbole.
C’est une reprogrammation relationnelle profonde, une réécriture mémorielle incarnée.
Bardot et Roy montrent que la thérapie, parfois, n’est pas un dialogue mais une rencontre de mondes.
Une manière de recoller, délicatement, les fragments d’un être, de lui redonner un lieu où se poser.
Un début d’histoire où l’intime, enfin, devient un allié.