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Le trauma dans notre cerveau: causes, symptômes et mécanismes de la mémoire traumatique.



Cet article est intéressant parce qu’il condense, en quelques pages, l’essentiel de ce que l’on sait aujourd’hui sur le syndrome de stress post-traumatique : ses symptômes, ses causes et les mécanismes cérébraux qui l’entretiennent. Un article de référence, clair sans être simplificateur, pour comprendre pourquoi certains souvenirs refusent de s’effacer.

Des symptômes multiples, souvent entremêlés.
Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT ou PTSD en anglais) se manifeste rarement sous une forme unique. Les personnes concernées décrivent une combinaison de symptômes qui évoluent dans le temps : comme des reviviscences, un évitement, de l'angoisse persistante, de l'irritabilité, une détresse émotionnelle.
L’évitement est l’un des mécanismes les plus fréquents. Il peut concerner des lieux, des situations, des conversations, parfois même des pensées, des images. À court terme, il soulage. À long terme, il enferme. En évitant ce qui rappelle le traumatisme, le cerveau ne peut jamais vérifier que le danger est terminé.
Ces manifestations touchent un nombre considérable de personnes. En France, plusieurs millions d’hommes et de femmes seront confrontés à un événement potentiellement traumatique au cours de leur vie, et une proportion significative développera un SSPT.

Des causes variées, mais un mécanisme identique.
Les causes identifiées du stress post-traumatique sont multiples : accidents, agressions, abus, maltraitances, décès d’un proche, exposition répétée à la violence. Leur point commun n’est pas l’événement lui-même, mais l’expérience subjective de menace et d’impuissance.
Le traumatisme survient lorsque l’événement déborde les capacités d’adaptation psychique. Le cerveau n’arrive plus à « traiter » l’information comme il le ferait habituellement. Ce qui devait être un souvenir parmi d’autres devient une trace envahissante.

Le mécanisme de la mémoire traumatique.
Cet article décrit avec précision ce qui se joue dans le cerveau traumatisé.
Lorsqu’une personne qui souffre d’un SSPT est confrontée à un élément rappelant l’événement initial, deux structures s’activent fortement :
- l’amygdale, centre majeur de la peur,
- l’hippocampe, pivot de la mémoire.

Cette activation conjointe fait surgir le souvenir traumatique sous forme de reviviscence, souvent vécu comme s’il se produisait à nouveau, ici et maintenant.
Chez les personnes ayant dépassé le SSPT, un mécanisme protecteur entre en jeu : le cortex préfrontal envoie des signaux inhibiteurs à l’amygdale. Il permet de contenir la réaction émotionnelle, d’inscrire le souvenir dans le passé et d’en atténuer la charge affective.
Chez les personnes souffrant encore de SSPT, ce mécanisme est défaillant. L’amygdale reste insuffisamment freinée. La peur déborde.

Et lorsque le cerveau n’arrive plus à distinguer le danger de la sécurité.
L’un des points clés mis en évidence est l’incapacité du cerveau traumatisé à discriminer correctement les contextes. L’hippocampe, qui permet normalement de distinguer une situation dangereuse d’une situation sûre, fonctionne moins efficacement.
Résultat: des contextes anodins peuvent déclencher une réaction de peur intense. Le cerveau traite ces situations comme s’il s’agissait d’une menace réelle, actuelle.

Des facteurs de risque qui sont bien identifiés
Il existe plusieurs facteurs de risque qui augmentent la probabilité de développer un SSPT :
- des traumatismes précoces ou maltraitance infantile,
- l'intensité et durée de l’événement,
- la proximité avec le danger,
- des troubles psychiques associés,
- des vulnérabilités génétiques,
- un manque de soutien social ou familial (absence de tiers sécure),
- une prise en charge psychologique tardive.

Ces facteurs n’agissent pas isolément. Ils se combinent, expliquant pourquoi certaines personnes développent un SSPT tandis que d’autres non, face à un événement similaire.

Une évolution est possible, mais elle est non garantie.
Environ une personne sur cinq exposée à un événement traumatique développera un stress post-traumatique, avec des variations importantes selon le type de choc vécu.
Chez certaines, les symptômes s’atténuent avec le temps et une prise en charge adaptée. Chez d’autres, ils persistent ou réapparaissent après une période d’accalmie.
La disparition des symptômes n’est donc pas toujours définitive. Comprendre cette réalité permet d’éviter une interprétation morale ou culpabilisante des rechutes.

Comprendre pour mieux soigner.
Une idée essentielle est que le stress post-traumatique n’est pas un problème de volonté. Il s’ancre dans des mécanismes cérébraux précis, aujourd’hui bien étudiés.
Cette compréhension est un préalable indispensable à toute prise en charge : elle permet de reconnaître la souffrance, de légitimer les symptômes et d’orienter vers des approches thérapeutiques adaptées comme l'EMDR.

Sybille Buloup est journaliste scientifique. Elle collabore régulièrement à des publications consacrées à la psychologie, aux neurosciences et à la santé mentale. Son travail s’attache à rendre accessibles les données de la recherche sans en trahir la complexité.



Laurent GROSS
- Vice Président de France EMDR IMO - Hypnothérapeute à Paris. - Ex-kinésithérapeute,... En savoir plus sur cet auteur

Rédigé le 12 Janvier 2026 à 22:53 | Lu 11 fois modifié le 12 Janvier 2026



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