Un bel article qui évite aussi toute injonction au dépassement et rappelle que la souffrance ne devient jamais une obligation de croissance.
Une idée dérangeante qui peut-être parfois très mal interprétée.
Puisque l’idée qu’un traumatisme puisse renforcer une personne, peut susciter souvent une réaction de rejet. Elle semble nier la violence de l’épreuve, minimiser la souffrance ou imposer une forme de positivité totalement déplacée.
Heureusement que l'auteur prend bien le temps de clarifier cette notion, en distinguant ce qu’elle recouvre réellement de ce qu’elle ne doit surtout pas devenir.
Il ne s’agit pas de dire que le traumatisme soit souhaitable, ni qu’il serait nécessaire pour évoluer ! Mais force est de constater que, chez certains patients, une épreuve extrême peut s’accompagner de changements psychiques durables, parfois vécus comme une forme de renforcement intérieur.
La notion de croissance post-traumatique.
Les chercheurs parlent de croissance post-traumatique pour décrire ces transformations possibles.
Mais attention, celles-ci ne correspondent pas à une disparition de la souffrance, mais à une modification du rapport à soi, aux autres ou à sa propre existence.
Parmi les changements fréquemment rapportés par nos patients, on peut trouver : un sentiment de force intérieure accrue, une hiérarchisation différente des priorités, un approfondissement des relations, et surtout une plus grande conscience de la fragilité de la vie. On découvre que l'on est mortel !
Mais ces évolutions ne sont ni automatiques ni universelles.
Un processus, et pas un résultat.
L’article insiste sur un point essentiel : la croissance post-traumatique n’est pas un état à atteindre, mais un processus.
Elle peut coexister avec des symptômes persistants de stress post-traumatique. Certaines personnes se sentent à la fois plus vulnérables et plus solides, plus fragiles et plus conscientes de leurs ressources.
Cette ambivalence paradoxale est centrale. Elle rappelle que la transformation psychique après un trauma n’est jamais linéaire.
Le rôle du sens et de la remise en question.
L'auteur de l'article souligne bien le rôle joué par la quête de sens.
Face à un événement qui bouleverse les repères fondamentaux, certaines personnes s’engagent dans une réflexion profonde sur leurs valeurs, leurs choix de vie et leurs relations.
Ce travail de remise en question peut conduire à des changements durables, mais il n’est possible que lorsque la personne dispose d’un minimum de sécurité psychique. Sans apaisement préalable, la quête de sens peut devenir une injonction supplémentaire.
Bien faire attention aux dérives du discours positif bisounours.
L’un des apports majeurs de l’article est sa mise en garde contre les dérives d’un discours trop enthousiaste sur la résilience et la croissance.
Présenter la croissance post-traumatique comme une finalité risque de culpabiliser ceux qui ne s’y reconnaissent pas !
Le texte rappelle que ne pas sortir renforcé d’un trauma n’est pas un échec. La priorité reste toujours la reconnaissance et le traitement de la souffrance.
Alors, que disent les recherches ?
Les études montrent que la croissance post-traumatique concerne une partie seulement des personnes exposées à un psychotrauma. Elle est influencée par de nombreux facteurs : la personnalité, le soutien social, le contexte culturel, et surtout, l'accompagnement psychologique.
Elle n’est pas un simple mécanisme de défense illusoire, mais elle ne peut pas non plus être provoquée volontairement. Elle émerge parfois, dans certaines conditions, sans pouvoir être prescrite.
Reconstruire sans idéaliser.
L'article propose une vision nuancée de l’après-trauma.
Il invite à reconnaître que certaines transformations positives peuvent survenir, sans surtout, ne jamais perdre de vue la réalité de la douleur initiale.
Cette approche permet de sortir d’une opposition stérile entre souffrance et transformation, en acceptant que les deux puissent coexister.
Une véritable invitation à la prudence et à l’humilité.
En conclusion, cet article rappelle que chaque trajectoire post-traumatique est singulière.
Il n’existe ni modèle idéal, ni parcours exemplaire. La croissance post-traumatique n’est ni un objectif thérapeutique, ni une norme à atteindre, mais une possibilité parmi tant d’autres.
Une idée dérangeante qui peut-être parfois très mal interprétée.
Puisque l’idée qu’un traumatisme puisse renforcer une personne, peut susciter souvent une réaction de rejet. Elle semble nier la violence de l’épreuve, minimiser la souffrance ou imposer une forme de positivité totalement déplacée.
Heureusement que l'auteur prend bien le temps de clarifier cette notion, en distinguant ce qu’elle recouvre réellement de ce qu’elle ne doit surtout pas devenir.
Il ne s’agit pas de dire que le traumatisme soit souhaitable, ni qu’il serait nécessaire pour évoluer ! Mais force est de constater que, chez certains patients, une épreuve extrême peut s’accompagner de changements psychiques durables, parfois vécus comme une forme de renforcement intérieur.
La notion de croissance post-traumatique.
Les chercheurs parlent de croissance post-traumatique pour décrire ces transformations possibles.
Mais attention, celles-ci ne correspondent pas à une disparition de la souffrance, mais à une modification du rapport à soi, aux autres ou à sa propre existence.
Parmi les changements fréquemment rapportés par nos patients, on peut trouver : un sentiment de force intérieure accrue, une hiérarchisation différente des priorités, un approfondissement des relations, et surtout une plus grande conscience de la fragilité de la vie. On découvre que l'on est mortel !
Mais ces évolutions ne sont ni automatiques ni universelles.
Un processus, et pas un résultat.
L’article insiste sur un point essentiel : la croissance post-traumatique n’est pas un état à atteindre, mais un processus.
Elle peut coexister avec des symptômes persistants de stress post-traumatique. Certaines personnes se sentent à la fois plus vulnérables et plus solides, plus fragiles et plus conscientes de leurs ressources.
Cette ambivalence paradoxale est centrale. Elle rappelle que la transformation psychique après un trauma n’est jamais linéaire.
Le rôle du sens et de la remise en question.
L'auteur de l'article souligne bien le rôle joué par la quête de sens.
Face à un événement qui bouleverse les repères fondamentaux, certaines personnes s’engagent dans une réflexion profonde sur leurs valeurs, leurs choix de vie et leurs relations.
Ce travail de remise en question peut conduire à des changements durables, mais il n’est possible que lorsque la personne dispose d’un minimum de sécurité psychique. Sans apaisement préalable, la quête de sens peut devenir une injonction supplémentaire.
Bien faire attention aux dérives du discours positif bisounours.
L’un des apports majeurs de l’article est sa mise en garde contre les dérives d’un discours trop enthousiaste sur la résilience et la croissance.
Présenter la croissance post-traumatique comme une finalité risque de culpabiliser ceux qui ne s’y reconnaissent pas !
Le texte rappelle que ne pas sortir renforcé d’un trauma n’est pas un échec. La priorité reste toujours la reconnaissance et le traitement de la souffrance.
Alors, que disent les recherches ?
Les études montrent que la croissance post-traumatique concerne une partie seulement des personnes exposées à un psychotrauma. Elle est influencée par de nombreux facteurs : la personnalité, le soutien social, le contexte culturel, et surtout, l'accompagnement psychologique.
Elle n’est pas un simple mécanisme de défense illusoire, mais elle ne peut pas non plus être provoquée volontairement. Elle émerge parfois, dans certaines conditions, sans pouvoir être prescrite.
Reconstruire sans idéaliser.
L'article propose une vision nuancée de l’après-trauma.
Il invite à reconnaître que certaines transformations positives peuvent survenir, sans surtout, ne jamais perdre de vue la réalité de la douleur initiale.
Cette approche permet de sortir d’une opposition stérile entre souffrance et transformation, en acceptant que les deux puissent coexister.
Une véritable invitation à la prudence et à l’humilité.
En conclusion, cet article rappelle que chaque trajectoire post-traumatique est singulière.
Il n’existe ni modèle idéal, ni parcours exemplaire. La croissance post-traumatique n’est ni un objectif thérapeutique, ni une norme à atteindre, mais une possibilité parmi tant d’autres.
Steve Taylor est psychologue et enseignant-chercheur. Il travaille sur les transformations psychologiques liées aux crises existentielles, aux expériences extrêmes et aux processus de changement personnel. Ses recherches portent notamment sur la croissance post-traumatique et les remaniements du sens après l’épreuve.







