Il arrive que le passé s’accroche au présent avec une telle force qu’il finit par le dévorer.
Un bruit, une odeur, une phrase banale : et soudain, l’événement d’hier revient, intact, brûlant, comme si rien n’avait changé. Pour ceux qui vivent un stress post-traumatique, le temps n’est pas linéaire. Il est circulaire, imprévisible, tyrannique.
Roberta Milanese, héritière rigoureuse de l’École de Palo Alto, entre dans ce territoire avec la précision d’un artisan et la douceur d’une présence humaine.
Elle pose une question simple — et pourtant vertigineuse : Mais comment redonner au passé sa juste place : derrière ?
Le traumatisme, explique-t-elle, se maintient non seulement à cause de ce qui a été vécu, mais à cause de ce que l’on fait pour tenter de ne plus le revivre.
Les tentatives de solution deviennent la prison elle-même.
Les pièges du cerveau traumatisé.
La personne traumatisée fait souvent trois choses, avec une sincérité désespérée :
- elle essaie d’oublier ;
- elle évite tout ce qui lui rappelle l’événement ;
- elle cherche du réconfort, trop, souvent, jusqu’à épuiser le lien.
Mais ces trois stratégies renforcent paradoxalement la trace traumatique, parce que l’oubli forcé rend les images plus vives, et l’évitement amplifie la peur !
Et de plus, la demande de soutien répète l’impuissance.
C’est ici que la thérapie stratégique avance à contre-courant : au lieu de faire fuir l’ombre, elle invite à la regarder autrement.
Le “roman du traumatisme” : une réécriture libératrice.
La première étape du travail de Milanese est de transformer le vécu traumatique en un récit maîtrisé, un roman dans lequel le patient devient narrateur plutôt que personnage emporté par l’histoire.
Décrire l’événement en détail, mais selon des règles précises, contenantes, ritualisées, permet à la fois d’interrompre la boucle intrusive, de redonner une structure cohérente à l’expérience, et d’offrir au cerveau une fin que l’événement réel n’a pas eue.
C’est l’un des paradoxes thérapeutiques les plus puissants :raconter le traumatisme cesse de le nourrir… à condition de le raconter autrement.
À travers ce roman, le sujet reprend la main.
Ce n’est plus l’événement qui impose son rythme : c’est la narration qui redessine le paysage intérieur.
Bloquer les tentatives de solution.
Le deuxième mouvement thérapeutique consiste à neutraliser les mécanismes qui entretiennent le trouble.
Chaque évitement est exploré, mis en lumière, déconstruit.
Chaque demande excessive d’aide est transformée en acte d’autonomie progressive.
L’oubli volontaire est remplacé par un travail plus subtil : oser laisser exister l’image, mais sans s’y perdre.
Le patient découvre alors que ce qui maintenait le trauma n’était pas seulement l’événement, mais le combat contre l’événement.
Le corps qui se souvenait autrement.
La méthode stratégique ne contourne pas l’émotion : elle la traverse avec méthode.
Roberta Milanese décrit ces instants où le corps se relâche enfin, comme si un verrou invisible sautait.
L’émotion retenue depuis des années trouve une forme de circulation.
Un souffle nouveau apparaît, ce n’est pas spectaculaire, ce n’est pas dramatique., c’est souvent une simple inspiration, plus profonde que les autres.
Mais c’est dans cette respiration que l’on devine la reprise du mouvement.
Quand le présent redevient vivable.
Peu à peu, la personne réapprend à vivre sans se retourner sans cesse.
Les stimuli perdent leur pouvoir, les souvenirs deviennent des souvenirs et non plus des menaces, le monde cesse d’être un champ de mines ; il redevient un espace possible, parfois même doux.
Le passé, enfin, prend sa place : derrière !
À travers cet article, Milanese nous montre que la thérapie stratégique n’est pas une méthode froide ou mécanique.
C’est une manière d’apprivoiser l’histoire, de rétablir une trajectoire, de redonner une place au temps.
Une manière d’offrir au patient un geste simple mais essentiel : la possibilité d’avancer sans que le passé ne marche à ses côtés.
Un bruit, une odeur, une phrase banale : et soudain, l’événement d’hier revient, intact, brûlant, comme si rien n’avait changé. Pour ceux qui vivent un stress post-traumatique, le temps n’est pas linéaire. Il est circulaire, imprévisible, tyrannique.
Roberta Milanese, héritière rigoureuse de l’École de Palo Alto, entre dans ce territoire avec la précision d’un artisan et la douceur d’une présence humaine.
Elle pose une question simple — et pourtant vertigineuse : Mais comment redonner au passé sa juste place : derrière ?
Le traumatisme, explique-t-elle, se maintient non seulement à cause de ce qui a été vécu, mais à cause de ce que l’on fait pour tenter de ne plus le revivre.
Les tentatives de solution deviennent la prison elle-même.
Les pièges du cerveau traumatisé.
La personne traumatisée fait souvent trois choses, avec une sincérité désespérée :
- elle essaie d’oublier ;
- elle évite tout ce qui lui rappelle l’événement ;
- elle cherche du réconfort, trop, souvent, jusqu’à épuiser le lien.
Mais ces trois stratégies renforcent paradoxalement la trace traumatique, parce que l’oubli forcé rend les images plus vives, et l’évitement amplifie la peur !
Et de plus, la demande de soutien répète l’impuissance.
C’est ici que la thérapie stratégique avance à contre-courant : au lieu de faire fuir l’ombre, elle invite à la regarder autrement.
Le “roman du traumatisme” : une réécriture libératrice.
La première étape du travail de Milanese est de transformer le vécu traumatique en un récit maîtrisé, un roman dans lequel le patient devient narrateur plutôt que personnage emporté par l’histoire.
Décrire l’événement en détail, mais selon des règles précises, contenantes, ritualisées, permet à la fois d’interrompre la boucle intrusive, de redonner une structure cohérente à l’expérience, et d’offrir au cerveau une fin que l’événement réel n’a pas eue.
C’est l’un des paradoxes thérapeutiques les plus puissants :raconter le traumatisme cesse de le nourrir… à condition de le raconter autrement.
À travers ce roman, le sujet reprend la main.
Ce n’est plus l’événement qui impose son rythme : c’est la narration qui redessine le paysage intérieur.
Bloquer les tentatives de solution.
Le deuxième mouvement thérapeutique consiste à neutraliser les mécanismes qui entretiennent le trouble.
Chaque évitement est exploré, mis en lumière, déconstruit.
Chaque demande excessive d’aide est transformée en acte d’autonomie progressive.
L’oubli volontaire est remplacé par un travail plus subtil : oser laisser exister l’image, mais sans s’y perdre.
Le patient découvre alors que ce qui maintenait le trauma n’était pas seulement l’événement, mais le combat contre l’événement.
Le corps qui se souvenait autrement.
La méthode stratégique ne contourne pas l’émotion : elle la traverse avec méthode.
Roberta Milanese décrit ces instants où le corps se relâche enfin, comme si un verrou invisible sautait.
L’émotion retenue depuis des années trouve une forme de circulation.
Un souffle nouveau apparaît, ce n’est pas spectaculaire, ce n’est pas dramatique., c’est souvent une simple inspiration, plus profonde que les autres.
Mais c’est dans cette respiration que l’on devine la reprise du mouvement.
Quand le présent redevient vivable.
Peu à peu, la personne réapprend à vivre sans se retourner sans cesse.
Les stimuli perdent leur pouvoir, les souvenirs deviennent des souvenirs et non plus des menaces, le monde cesse d’être un champ de mines ; il redevient un espace possible, parfois même doux.
Le passé, enfin, prend sa place : derrière !
À travers cet article, Milanese nous montre que la thérapie stratégique n’est pas une méthode froide ou mécanique.
C’est une manière d’apprivoiser l’histoire, de rétablir une trajectoire, de redonner une place au temps.
Une manière d’offrir au patient un geste simple mais essentiel : la possibilité d’avancer sans que le passé ne marche à ses côtés.